Une expulsion en échec


Il est placé en garde à vue, et le 2 novembre, le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) prononce son placement en rétention pour 15 jours. Sous le coup d’un Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière, il est expulsable à tout instant. Instantanément, des militants du collectif se mobilisent. Certains partent à Bordeaux où un comité de soutien se constitue, amorce d’un futur collectif de sans papiers. A Montreuil, les appels à la protestation auprès des autorités se multiplient. Talibé est en effet un militant connu des nombreuses organisations de défense des Sans Papiers, pour avoir souvent représenté le collectif. Il est d’ailleurs connu aussi de la préfecture pour les mêmes raisons.

A Bordeaux et à Montreuil, les mobilisations et manifestations se multiplient, deux entrevues avec l’ambassade de Côte d’Ivoire, suivies de contacts réguliers, des manifestations à la préfecture de Bobigny dont une le 12 novembre avec occupation qui se conclura par 25 gardes à vue de 48h, et une mise en accusation (sans la moindre preuve) pour injures, coups et blessures d’un militant.

Dès le 6 novembre nous obtenons de nombreux soutiens d’élus : Mamère, Brard, Voynet, Bramy, des conseillers municipaux de Montreuil et du 13° arrondissement, et de dirigeants d’organisations syndicales et associatives. Le 16 novembre une pétition est mise en ligne par RESF 93.

Mais le JLD prolonge sa rétention le 17 novembre.

Toutes ces actions, toutes ces mobilisations, tant coordonnées que spontanées, ont enfin permis la libération de Talibé, au 32° jour de sa rétention (durée limite légale en France).

Il faut noter que le ministère de l’Immigration s’est acharné en pressions de toutes sortes, et des tentatives de passage en force ont échoué (par deux fois, des réservations d’avions ont été faites).

Comique de la situation : la préfecture avait refusé en août 2007 d’étudier la demande de régularisation de Talibé au prétexte de la non validité de son document d’identité, et c’est probablement une des raisons qui ont amené les autorités ivoiriennes à ne pouvoir délivrer le laisser passer indispensable à l’expulsion.

Comité de soutien à Kébé


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